C’est tout le contraire


Des lecteurs m’informent qu’on peut trouver mes notes sarcastiques, ce qui m’a amené à faire un examen de conscience.
Comme je me méfie des mots, je cherche leur définition. Le sarcasme serait une moquerie ironique qui tourne en dérision une personne ou une situation
d’une manière mordante, amère et blessante, piquante ou belliqueuse.
Voilà même une étrange précision piquée dans Wikipédia: « être sarcastique c’est dire le contraire de ce que l’on pense, sans montrer qu’on pense le
contraire de ce que l’on dit ». Pour comprendre, j’ai vainement cherché la rubrique « amphigouri emberlificoté ».
En cherchant ironie dans le Larousse, on trouve : »Manière de railler, de se moquer en ne donnant pas aux mots leur valeur réelle ou complète, ou en
faisant entendre le contraire de ce que l’on dit ».

C’est quoi cette histoire ? D’abord, je n’ai pas l’impression de dire le contraire de ce que je pense. Au contraire.
Mais surtout il y aurait un aspect mauvais, négatif dans le sarcasme. A l’opposé, l’humour serait dépourvu de ricanement, de persiflage, qui sont
«une passion française» qui trahit la tendance au culte de soi et à la haine de l’autre (toujours selon Wiki).

Une Passion française ?
Du coup, je prends un exemple dans l’actualité: quand Brigitte Bardot traite Monsieur Hulot de « trouillard, lâche de première classe qui ne sert à
rien », il répond qu’il en a « marre des démagos de tous poils ». Comment cette bataille homérique pourrait-elle ne pas entraîner ricanements et
persiflage ? Surtout si y repère des relents de culte de soi et de haine de l’autre.
Plus généralement, au rang des passions françaises, y’a pas qu’en foot qu’on est champions du monde. On est aussi champions de l’utilisation des
pesticides dont on sait tous que c’est pas bon pour la santé. Les lobbies, non plus c’est pas bon, mais on en bouffe plus que de médicaments.
Dans ce domaine, en moyenne, chaque Français se tape 4 médicaments chaque jour, autre record mondial. Si t’en prends pas, c’est qu’il y en a d’autres
qui en sont à au moins 8. Les 3/4 de ces potions soignent surtout le porte-feuille de trusts pharmaceutiques tout en s’avérant dangereuses pour la
santé du client. Faire ce constat serait-il du persiflage ?
Ivan Illich montrait que la plupart des institutions finissent par donner l’inverse de ce qu’on en attend. L’hôpital produira de la maladie, la police
de l’insécurité, l’école de l’ignorance, etc. Est-ce plutôt du sarcasme ?
Comment éviter l’amertume et le mordant ? Vaut-il mieux prendre parti pour BB ou M. Hulot ? Est-il préférable de s’abstenir pour mieux compter les
points en ricanant ? A chacun de voir et de faire comme il veut, ou comme il peut.
On finit par s’y perdre entre ironie, sarcasme, persiflage, mais il y a toujours le risque du négatif et de l’agressif. La morale dit que
faut pas se moquer, c’est pas bien.
Ok, j’ai bien saisi le message. Je vais désormais m’efforcer d’être moins sarcastique. Dès à présent, le lecteur, n’aura aucune difficulté à voir si
je dis le contraire de ce que je pense. Ou l’inverse.

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