Ah la vache !

Vous pouvez me croire sur parole. Bien sûr, vous pouvez faire des recherches, mais vous trouverez les mêmes résultats, je vous fais donc gagner du temps.
L’empreinte de l’homme fait disparaître beaucoup de choses. Pour l’essentiel et pour résumer, la nature est détruite cent fois plus vite maintenant qu’il y a dix ans. Un rapport de l’ONU signale que la biomasse de mammifères sauvages a chuté de 82%, les écosystèmes naturels ont perdu la moitié de leur surface et un million d’espèces sont menacées de disparition.

Donc, autant le savoir, on est dans la merde. Littéralement.
On m’a fait remarquer récemment qu’il y a plus de vaches que d’habitants dans certains département français comme la Manche : 749 000 bovins pour 498 000 habitants.
Sachez qu’une vache laitière peut produire 35 kilos de fumier chaque jour.
D’ici 2030, cette production fécale mondiale produira 100 millions de tonnes de phosphore, 30 millions de tonnes de potassium et 18 millions de tonnes de calcium. Dans un monde idéal, ces minéraux seraient recyclés, le méthane serait converti en électricité. Les générateurs de biogaz donnent un carburant polyvalent et une source d’énergie et de chauffage.
L’exploitation du caca par les digesteurs anaérobies demande de grands entrepôts pour contenir le fumier. Une installation coûte très cher, il est bien plus rentable de payer une amende pour rejet illégal dans la nature (en admettant qu’on soit pris main dans le sac).
Le problème mondial de la gestion des déchets animaux et de ses conséquences est ignoré et négligé. Les grandes exploitations sont supposées disposer de plans de gestion des fumiers mais il existe peu de réglementation en la manière, ni gestion globale et tout ça finit dans l’environnement.
Avec un taux élevé de phosphore et nitrates, le fumier propage dans l’eau des agents pathogènes et fait proliférer des algues et des neurotoxines qui peuvent tuer les animaux. Répandu dans les eaux douces ou la mer, il finit dans la chaîne alimentaire et sera fatalement ingéré par nous autres humains.
La pollution de l’eau est un des problèmes sérieux de l’élimination des déchets animaux. En Chine, la production de protéines animales a quintuplé avec la croissance économique. On y rejette toujours les résidus directement dans les rivières. Conscientes du problème, les autorités réagissent avec leur délicatesse habituelle…

BONNE BLAGUE

Cela semblait une bonne blague quand on liait les rots et flatulences des vaches au réchauffement climatique. A y regarder de plus près, l’estomac des bovins et des moutons contient des bactéries aidant à digérer l’herbe. Ces bactéries produisent du méthane, un gaz à effet de serre surpuissant.
Cela peut paraître incroyable, mais le bétail représente 15 % des gaz à effet de serre, soit la même quantité que toutes les voitures, camions, avions et navires du monde entier !!
La viande et les produits laitiers ont un impact énorme et on sous-estime l’impact de l’élevage sur la déforestation générale.
Ben crotte alors.

Prenons pour exemple la Nouvelle Zélande, pays réputé très écolo, opposé à l’énergie nucléaire et aux OGM.
L’environnement est considéré comme prioritaire par ses citoyens qui tiennent à l’image de paysages intacts et idylliques.
Seulement c’était avant. Parce qu’il a un os, un gros. Les 5 millions d’habitants cohabitent avec 10 millions de vaches et 30 millions de moutons.
Presque 30 % du lait mondial vient de chez les kiwis, le tiers de leurs exportations. Ils ont aussi décidé de rafler le marché chinois du lait.
A quel prix ? Pour parvenir à cette performance, on utilise massivement l’engrais azoté, les pesticide et les herbicides.
Chez eux, 50 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’agriculture et l’élevage intensifs. Les exploitations comptent facilement 500 à 2000 bovins, 50.000 emplois en dépendent et le surendettement des éleveurs dépasse 40 milliards de dollars.
Il leur faut 2000 litres d’eau pour produire un litre de lait… La qualité de cette eau est devenue critique, avec 70 % des rivières impropres à la baignade, victimes de prolifération d’algues. 85 % des poissons, oiseaux, reptiles, chauves-souris et grenouilles y sont menacés ou en voie d’extinction, pour ne rien dire de la population marine.

IDYLLIQUE

C’est à ce moment que le voisin australien choisit de voter pour les climato-sceptiques, malgré six années de sécheresse extrême, des incendies gigantesques, des inondations catastrophiques et la destruction de leur chère barrière de corail. Rien n’a dissuadé l’australien moyen d’élire des irresponsables.
Premier producteur de charbon et dépendant de la Chine pour le tiers de l’import-export, le populisme australien triomphe, refusant toute baisse de l’empreinte carbone…
Partout les démocraties élisent des Trump, Netanhyu, brexiters et populistes qui se fichent de leur empreinte carbone en pleine débâcle climatologique.

En attendant, portez vous bien !

A ce propos, l’empreinte carbone du bœuf, de l’agneau et du fromage sont tels qu’on devrait se contenter du porc, du poulet, des œufs ou des mollusques, à l’empreinte plus légère.
Et pourquoi ne pas passer carrément à une alimentation à base de plantes, plus respectueuse de l’environnement ? Et surtout comment se passer de l’omniprésent plastique…
Faudrait y songer. Vite.
C’est la suite logique de mon mot sur la procrastination. Tiens, on m’a recommandé ça:


https://www.youtube.com/watch?v=UDSWbjuAI4Q

Allez, portez vous bien.

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