J’en ai encore sous la pédale

                     Petit coup de parano épisodique et salutaire
Je vais être un peu longuet, mais c’est pour la bonne cause.
Tim Cook, directeur d’Apple : « Les plates-formes et les algorithmes qui ont promis d’améliorer nos vies peuvent en réalité magnifier nos pires tendances humaines…
Les acteurs malhonnêtes et même les gouvernements ont profité de la confiance des utilisateurs pour approfondir les divisions, inciter à la violence et même saper notre vision commune de ce qui est vrai et de ce qui est faux
».
Ah ben dis donc, si c’est Apple qui le dit… Internet s’est rendu absolument indispensable, il rend des services mais c’est aussi un outil de propagation de sornettes et de désinformation haineuse ou stupide. On ne peut affirmer qu’Internet soit fondamentalement pervers, mais…
On connait la chanson de Henrico Macias
 » do do do do-onnez moi vos données,
Dieu vous les rendra peut-être
Mais pas go go google
« 
    Il était une fois, un enfant nommé « World Wide Web« . A cette époque, nos données étaient sans valeur car on ne savait pas les utiliser.Quelques cookies pour savoir si tu reviens sur un site, des trucs comme ça. Depuis, le stockage et le tri des données ne coûtant pratiquement rien, cela permet à des centaines d’organismes divers de nous encadrer de près. La publicité est devenue une base essentielle de l’Internet.
Le réseau se structure selon les désirs des lobbies des GAFA (les plus gros poissons Google, Facebook, Amazon, Apple, Microsoft, yahoo…) que j’appelle les Gaffeurs (de l’argot gafer, surveiller attentivement).
Sachez que leurs outils effectuent des millions de milliards d’opération par seconde et que le chiffre d’affaire du trafic de données, c’est mille milliards d’euros. Des chiffres hallucinants !
Les entreprises les plus rentables actuellement ne sont pas dans l’automobile ou l’armement mais dans le flicage et la surveillance.
Les gaffeurs Google, Microsoft, FB, Amazon, jurent leurs grands dieux qu’ils dépensent des fortunes colossales pour assurer la sécurité de votre vie privée.
Avez-vous lu les clauses du contrat ? Non, bien sûr, personne ne le fait. Vous donnez donc votre accord à Google qui vous traque et utilise vos données pour vendre de la pub.
Facebook « réseau social sécurisé » contrôle vos moindres gestes à son profit. (voir mon post FB du 16 juin).  Ces fameuses données sont produites par nos relations sociales – téléphones, mails, textos, tchats sur les réseaux, etc.
Ton ordinateur enregistre ta navigation, ton portable te scrute et les entreprises achètent, vendent, échangent et stockent tes données personnelles.
Tu trouves que c’est pas grave ?
Par ton smartphone ils savent où tu es. La plupart des applications te géolocalisent et pas seulement Google Maps ou Waze: même les jeux et des trucs comme les applications pour lampe de poche… Invraisemblable ? Le Dauphiné signale que le secrétaire d’Etat au numérique ayant demandé ses données à Uber, a découvert qu’Uber garde depuis quatre ans trace de tous ses points de départ et même le géolocalise cinq minutes après qu’il soit sorti du véhicule…
    « la simple mise en corrélation des métadonnées  des  opérateurs  de téléphonie mobile (numéros mis en relation, localisation des antennes concernées, dates des appels, types d’appels) permettrait de prédire des événements aussi divers que les délits, le taux de pauvreté, des épidémies, ou encore d’aider à la planification des réseaux d’électricité, par exemple » et sans même s’embarrasser des contenus des messages échangés ni même des données GPS.
(cf « Big data les nouvelles données du pouvoir« , Denis Pieret 2015)
Ces espions en savent beaucoup sur toi, parfois plus que toi. Tu fais des recherches sur Google ?  Tes espoirs, tes peurs, tes intérêts, tes désirs, tes penchants sexuels sont collectés… «Google knows»: autorisé ou non, quiconque a accès à cette mine en apprend beaucoup. Leurs algorithmes en tirent des conclusions et réagissent
automatiquement.
Et nous autres, sympathiques béotiens, offrons ça sans le savoir, sans le vouloir, sans réaliser que ces données risquent à tout moment d’être piratées et utilisées contre nous.

 

                                    Insécurité sociale

   La base de tout ça, c’est que les GAFA ont fondamentalement besoin d’insécurité.
Pourquoi ? C’est ce qui leur laisse les mains libres pour pécher les données. Voilà pourquoi ils font semblant de sécuriser le système et malgré la récente règlementation bidon GDPR (voir mes articles sur le sujet), ce hold-up du siècle continue sans aucun contrôle et à la vue de tous.
Ils prétendent te protéger des menaces, te promettent la sécurité mais contrôlent tout ce que nous faisons, voyons, lisons ou écrivons.
Le but premier c’est te forcer à payer pour certaines fonctionnalités, souscrire à des tas de produits et services imposés. Avec le développement numérique, ils se font omniprésents, indispensables et surpuissants.
Notre dépendance va de plus en plus loin : pour les démarches administratives et bancaires, s’inscrire n’importe où, voyager, écouter de la musique, lire des e-books, télécharger… Si tu a un compte Gmail, avec Google Agenda, Google Docs, maps, un smartphone Androïde; ils te tiennent avec une laisse Microsoft et un collier Amazon.
Je le répète, nous laissons des traces énormes partout.
Et attend, voilà qu’arrivent maintenant les objets connectés… Smartphones, volets, automobiles, thermostats, ampoules, implants médicaux, portails seront surveillés comme tout les appareils électroniques.
Les gafeurs se battent en coulisse pour contrôler la maison intelligente, La véritable Star War est engagée.
                            A l’abordage !
   Les logiciels sont couverts par des astuces juridiques pour les relier aux périphériques, aux appareils et aux produits. Ils limitent l’achat de composants non autorisés ou contraignent le client à passer par leurs services agréés pour l’achat, la maintenance, la réparation.
Résultat prévisible: l’apparition de pirates.   Des qui savent par exemple comment bidouiller une Toyota ou une Renault pour améliorer modifier les performances, la consommation et accéder à des diagnostics et options non disponibles.
 L’exemple des tracteurs John Deere est typique. Les acheteurs sont liés par un contrat d’exclusivité abusif.
Beaucoup achètent donc des programmes pirates ukrainiens pour réparer leurs tracteurs.
Vous vous souvenez de la scène dans « Brazil » de Terry Gilliam, celle dans laquelle Robert de Niro joue le plombier clandestin ?
Le piratage permet aussi aux officiels de contourner les lois sur l’émission de CO2 ou de détourner à distance le fonctionnement de matériel médical comme les pompes à insulines…

                                                       ça me fait cliquer
    Le citoyen doit exiger d’avoir accès aux données (suivi de condition physique, appareils, capteurs à domicile, véhicules, etc) que se procurent si facilement les
administrations, les assurances et autres marchands. C’est d’ailleurs prévu par la loi, mais qui réclame à Google ses données ?
Chacun veut pouvoir les supprimer, et modifier ses appareils, ajouter des fonctionnalités, ce à quoi, bien sûr, les fabricants et les États s’opposeront. Ils ne
rendront pas facilement l’accès aux données et aux contrôles.
C’est bien cette confiscation qui nuit à la sécurité des données et paradoxalement demande  toujours plus de systèmes de contrôle à distance et de contrôle du citoyen.
Je sais ce que vous pensez: j’ai rien à cacher et je ne leur achète rien.
Peut-être, mais lorsqu’ils auront des monopoles complets, ils surpasseront et remplaceront peu à peu les États comme dans dans les télécoms, la finance, l’assurance, le transport, l’énergie et la santé.
Leur puissance leur permet de tout engouffrer. Souvenez-vous d’ailleurs qu’ils échappent à la TVA et ne payent pratiquement pas d’impôt
Le data permet pratiquement déjà de prévoir quand un individu va se marrier, avoir un enfant, tomber malade ou mourir… Sachant tout de toi, ils fixeront ton tarif d’assurance, de véhicule et de domicile, ta cotisation santé. Ce qui signera la mort de la mutualité et de la solidarité.
C’est aussi la fin des sciences humaines car la puissance prédictive du data rendra vite inutiles les théories de la sociologie,  la psychologie ou la linguistique.
Par ailleurs, la lutte contre la délinquance et la lutte anti-terroriste justifient facilement la surveillance généralisée. Vous vous souvenez de Minority Report ?
Par les réseaux sociaux, la NSA te surveille, mais la Chine a un temps d’avance, qui utilise déjà en grand les données pour classifier sa population et distinguer les
bon sujets de ceux à sanctionner, et ce n’est pas de la fiction. Le « crédit social« , qu’ils appellent ça. Traverser hors des clous t’enlève des points, balayer la rue t’en ajoute.
Si ça vous intéresse:
Les révélations de Snowden ou Cambridge Analytica,  vous avez entendu parler ? Sinon, faites une recherche… Vous verrez que désormais, les données font les élections, que s’en est à se demander si les démocraties y résisteront.
   Les romains se posaient déjà la question « quis custodiet ipsos custodes ? » qui gardera ces gardiens ? Qui surveille les surveillants ?
Papillons collés dans la nuit à un réverbère, on  devrait au moins:
  •  crypter vos mails, effacer les cookies.
  • utiliser un VPN ou réseau privé virtuel pour surfer, un bloqueur de pub,
  • utiliser la navigation privée prévue sur les navigateurs, refuser la                    géolocalisation,
  • ne pas s’inscrire par Facebook ou Google, utiliser des adresses mail jetables comme yopmail,
  • utiliser Qwant ou autre moteur de recherche n’enregistrant pas les données.
  • refuser les espions genre Linky qui vont accompagner les objets connectés.
  •  surveiller les surveillants et se rendre imprévisibles !
Mais vous savez tout ça mieux que moi.
Pour le reste, voir l’œuvre de Michel Foucault.  https://www.franceculture.fr/personne-michel-foucault.html
       J’ai pas été trop long ?

Niouze 6 – De quoi je me Mêle ?

Une centaine de médecins ont signé une pétition pour exiger le déremboursement de l’homéopathie, au prétexte que c’est pas scientifique.

A aucun moment ils ne se sont demandé si la connerie est scientifique ou pas. Il y a pourtant de nombreux témoignages. Où ont-ils eu leur diplôme, ces diafoirus, dans un cadeau de fastfood ?

Car qu’est-ce que ça peut faire si c’est pas scientifique, si ça peut soigner ?
Ceux qui s’intéressent à la vie des bêtes savent qu’au États-Unis, quelque chose tue plus que les armes à feu : les opiacées et psychotropes qui causent plus de 50.000 morts par an. C’est même devenu une cause nationale.
Or une multitude d’études montrent qu’il n’y a pas de différence d’efficacité entre les antidépresseurs et un placebo. La multinationale du médoc GlaxoSmithKline a été condamnée à 3 milliards d’amende pour avoir oublié de mentionner ces études dans la description de ses produits.

(Rassurez-vous, c’est l’équivalent d’un PV à dix balles pour vous).

On peut quand même se demander pourquoi les ricains ne se shootent pas au placebo, si ça produit les même effets sans les effets secondaires.
Je suis sûr pratiquement sûr qu’on pourrait enivrer ses convives en leur faisant boire du vin sans alcool transvasé dans des bouteilles à étiquette de bordeaux à 13°.
Je vais peut-être déposer cette idée.
Ce sont les États-Unis qui nous ont habitué à ce droit de tout s’approprier. On peut déposer une molécule et en avoir le monopole, on peut breveter des espèces végétales ou animales, avec totale propriété.

Quand on pense que la fraise actuelle a été « inventée » en France, oui madame; mais à une époque où l’on ne songeait pas à s’approprier des espèces vivantes. Une foule de variétés de fruits et de légumes ont échappé jusque là à la propriété privée, mais il faut veiller au grain. Et aux graines. Et aux semences, car les multinationales n’ont qu’un rêve: se les approprier, comme les nombreuses espèces F1 dont on ne peut tirer de semences et qu’il racheter chaque année.
Il est possible que tôt ou tard quelqu’un dépose un brevet sur l’oxygène, qui se raréfie. Ce quelqu’un sera probablement aussi dépositaire du brevet sur les arbres.

La propriété, c’est le vol.
La question est la suivante: voler une idée fait-elle disparaître cette idée ? Non, au contraire, pourrait-on dire; c’est pourquoi le plagiat est universel en littérature. Jusqu’à ce qu’on fasse appel à un droit de propriété intellectuelle. L’idée peut rapporter de l’argent et celui qui la réclame fait valoir un droit de propriété. D’où les efforts pour breveter, enregistrer, déposer tout et n’importe quoi. Avant l’invention de la propriété intellectuelle (1791), on ne s’en souciait guère. De nos jour on concède la propriété et le monopole jusque sur le vivant.
Bon, pour revenir aux toubibs de la pétition dont je causais au début, ce sont évidement les mêmes qui prescrivent les antidépresseurs. Molière n’est pas mort, ça c’est prouvé et scientifique !

Petite fiction (à peine)
Après avoir été déconsidéré par le corps médical, le succès de l’homéopathie est toujours en croissance exponentielle. Or, on apprend par dépêche AFP du 20 mars 2029 que depuis 20 ans, les fameux labo B. qui produisent ces remèdes, ne mettent plus dans les granules que du sucre et du lactose. Ces purs placebos n’ont pas fait varier d’un iota l’efficacité de leur prescription qui parviennent toujours à soigner d’innombrables troubles. Les caisses de sécurité sociale remboursent tout traitement homéopathique à plus de 500 %.
Le plus étonnant pour les chercheurs reste que les usagers sont parfaitement au courant que les granules sont des placebo et ils s’en moquent totalement puisque ça marche.
Le véritable médicament, c’est le patient.

Niouz 5 – De mauvais poil

Le français est grincheux et consomme des antidépresseurs. Malgré les invitations constantes à positiver, nos sociétés n’ont pas l’air plus heureuses. Et ça tombe bien, car des études ont montré les bénéfices des émotions négatives. Dans ces expériences, on agit sur l’humeur de participants en leur montrant des films gais ou tristes pour évaluer leurs changements de comportements. Quand des personnes gaies ou tristes doivent exécuter une tâche mentale complexe, ceux qui sont de mauvaise humeur persévèrent plus, passent plus de temps à cette tâche et donnent plus de bonnes réponses.
On découvre ainsi qu’une humeur négative donne de la motivation.   Etonnant, non ?
Des sentiments négatifs peuvent améliorer la mémoire. Dans une étude de 2008, les chercheurs ont étudié les effets de l’humeur liée à la météo.
Des personnes qui faisaient du shopping lors de journées ensoleillées ou nuageuses voyaient dix objets inhabituels placés dans un magasin. Ils devaient plus tard se les rappeler. Résultat : ceux qui étaient de mauvais poil se souvenaient mieux des détails. De plus, ça peut conduire les gens à être plus attentifs, plus équitables et moins égoïstes.
En donnant trop d’importance au bonheur, on ne tire pas profit des vertus de la tristesse et on risque plus de déceptions. C’est la conclusion.
Celle de Pascal: se dire que le bonheur c’est pour plus tard, voilà le malheur.

Et l’oxytocine, vous connaissez ? C’est une hormone associée entre autres au nourrissage et à l’attachement, elle produit le bien-être et renforce la liaison entre le parent et l’enfant. Après de longs regards de leurs chiens, le niveau d’ocytocine des propriétaires augmente en flèche.
J’ai mon chien sous yeux et pourtant je suis de mauvais poil, il a pissé sur le tapis. Encore une cause d’aigreur, je suis allé consulter la semaine dernière. 
– docteur, quand je fais l’amour, j’entends des sifflements…
– A votre âge vous espériez quoi ? Des applaudissements ? 
Ah, tu la connaissais ?
Freud admirait le livre d’un certain de Ludwig Börne intitulé « l’Art de devenir un écrivain original en trois jours ».  Extraits:  » la sincérité est la source de tout génie; les hommes seraient plus intelligents s’ils étaient plus moraux ».
La première partie me semble douteuse, la seconde aussi.
Freud a rêvé toute sa vie d’être un écrivain, mais a dû se contenter d’être un génie assez sincère. Il aurait certainement admis que beaucoup de psychopathes sont intelligents et que les saints stupides ne manquent pas.
« le sens moral est plus important que l’intelligence » (Alexis Carrel – L’Homme, cet Inconnu)
      Pour illustrer la chose, il y a deux ans, Microsoft a lancé Tay, un robot conversationnel sur tweeter. Doté d’intelligence artificielle, il peut s’ajuster et apprendre au contact de l’humain. Il n’a fallu quelques heures pour le retirer en catastrophe tant il avait vite appris l’essentiel et tenait des propos xénophobes, machistes et conspirationniste.
« La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal. » disait Confucius.
Enfin, original ou pas, il y a peu de chance que quiconque devienne écrivain en trois jour, je le saurais vu que j’anime un atelier d’écriture créative,  en suivant scrupuleusement le principe de Rilke : « Personne ne peut vous apporter aide et conseil, personne » (Lettres à un jeune poète).   Allez, portez vous bien !

Niouze n°4 – On joue à se faire peur ?

On joue à se faire peur ?   

La loi de Moore dit en gros que la puissance de calcul des machines double tous les 2 ans, c’est un phénomène exponentiel.
L’accélération constante du progrès technologique nous rapproche d’une singularité de l’histoire de l’humanité. A partir d’une certaine date, l’activité humaine ne pourra plus se poursuivre comme avant. Une machine intelligente pourra alors concevoir des machines encore plus intelligentes, provoquant une explosion créative dépassant de loin les capacités humaines. Cette machine supra-intelligente sera la dernière invention que l’Homme fera. Après, il pourra se tourner les pouces pour le meilleur ou le pire. La singularité, c’est ce moment ou tout bascule dans l’incontrôlable, la fin des civilisations telles qu’on les a connues. Isaac Asimov l’a prédit dès 1969.

Oui, ça à l’air échevelé, mais la défaite de Kasparov au échecs face à l’ordinateur Deep Blue en 1997, a marqué la fin de la supériorité humaine à ce jeu.
En 2016, c’est au jeu de go, beaucoup plus intuitif et stratégique, que le meilleur joueur mondial a été écrasé 4 à 1 par une machine, à la stupeur générale.
C’est dire qu’on est de plus en plus proche de la date de singularité. A moins qu’une autre singularité ne la précède.            

Anthroposphérique  

Depuis les années 50, c’est-à-dire hier, la terre est passée à une nouvelle ère, l’anthroposphère. Ce nom indique que la terre est désormais sous influence de l’homme dans quasi tous les domaines, du biologique au climat. Mauvaise nouvelle, l’homme étant une espèce moins intelligente qu’une bécane et responsable d’une extinction de masse des autres espèces aussi catastrophique que celle a fait disparaître les dinosaures.
20.000 espèces animales disparaissent chaque année, 130.000 sont menacées. Les grandes espèces animales fondent sous nos yeux comme les glaces du Pôle alors qu’on ne connaît qu’un million d’espèces d’insectes sur les 10 millions qui existent. Les espèces végétales ne sont évidement pas en reste dans le massacre, 75% sont en danger.
L’antroposphère battra à coup sûr un record. Alors que les ères précédentes ont duré des millénaires, celle-ci ne dépassera pas deux à trois siècles…
On s’en fiche, on sera morts. Réflexion trop humaine, après moi le déluge. C’est à croire que personne n’a d’enfants.
Mais rassurons nous, la vie sur terre n’est pas menacée. Juste l’Homme. Les espèces qu’il n’aura pas exterminées continueront sans lui. les cafards notamment, bugs, en anglais, pour faire le rapport avec les machines. L’homme est peut être un bug.

Viva la Muerte  

En tous cas, si on pensait que « Viva la Muerte » était un slogan réservé aux
franquistes, c’est faux on est un peu tous des fascistes espagnols (qui gueulaient aussi « A bas l’intelligence ! »).  Pas vrai, Arrabal ? Bon alors, c’est quoi ta conclusion ?
De temps à autre, j’ai mauvaise conscience en me souvenant qu’on a en moyenne une centaine d’esclaves situés au Bengladesh, en Taïlande ou en Afrique, qui triment pour fabriquer nos jeans, chaussures, smarphones, etc. On est probablement esclaves nous-mêmes, tout en contribuant à scier la branche sur laquelle on est assis…

Désolé les enfants, je veux pouvoir continuer d’envoyer des photos de chatons sur Facebook, n’en déplaise aux orchidoclastes.
Rapport à ce qui précède, je préfère dire orchidoclastes plutôt que casse-couilles.

Un peu de poésie ? https://www.youtube.com/watch?v=Rai4d7Wl8cE

niouz n°3 – mémoires

Salut à tous !

Je reviens sur la mémoire, c’est fait pour ça !
Une recherche récente évalue notre potentiel de mémoire à plus d’un pétaoctet. Pour ceux qui l’ignorent, un pétaouchnock c’est un million de milliards d’octets, capacité véritablement phénomémale. Avec ça, on pourrait se souvenir de chaque instant de sa vie dans le moindre détail, de chaque son, odeur, paysage, visage croisé, page lue… Et il resterait encore de la place.
Alors comment se fait-il que je ne sais jamais où j’ai mis les clefs ?

Je sais : à cause de la prégnénolone, qu’on a longtemps appelée hormone de l’oubli. Y’a aussi la préséniline, protéine bien nommée, et comme par hasard, on découvre que c’est peut-être leur absence qui explique Alzheimer, ça a l’air contradictoire, mais bon…

Après avoir beaucoup regardé une émission de télévision qui s’appelait « Star Académie », j’ai énormément progressé dans le domaine philosophique et spirituel.
Et puis un jour, j’ai entendu le patron de la plus grande chaine de télé dire que son métier consistait à « fournir à Coca Cola du temps de cerveau disponible ».
Et la lumière fut ! Du temps de cerveau disponible. A fournir à Coca Cola… Bon sang, ça éblouit ! Incroyable, stupéfiant…
Pourquoi ça n’a pas fait tilt pour tout le monde ? Du temps de cerveau… Disponible: « dont on peut disposer, qu’on peut utiliser librement »(Larousse).
Donc, ce gars vend notre temps de cerveau à Caca calo qui en dipose librement. Bon, d’accord.

On Est Idiots ?

En 2008 un certain Carr publiait un article retentissant: « Google rend-il idiot ? » La consommation d’information et de divertissement transformerait notre façon de
mémoriser. De plus en plus, la mémoire à court terme suffit, la mémoire à long terme se voit remplacée peu à peu par Internet. Sur Wikipédia, Google, le GPS, YouTube, des mots-clés permettent de tout retrouver, auteurs, musiques, citation, lieux, films, plus besoin de retenir ces informations car on sait qu’on y aura accès sans effort.
En 2008, le citoyen type lisait 100.000 mots par jour, sans acquérir beaucoup de connaissances supplémentaires. Cette lecture était déja une forme de consommation.
Notre cerveau semble inadapté à la surinformation. Ceux qui engouffrent des séries TV à haute dose savent qu’ils retiennent moins bien le contenu des épisodes que ceux qui en regardent peu.

Chouette, Des Chiffres

Notre corps est composé de 100 trillions de cellules et mille milliards d’organismes colonisent nos tripes. Notre cerveau réalise 38 000 trillions opérations par
seconde et stocke facilement 4000 téraoctets en mémoire. Pas la peine d’aller vérifier, faut me faire confiance. Je l’ai lu et d’ailleurs, les données scientifiques
comme la météo, ça change tout le temps. Ce qu’il faut retenir, c’est l’ordre de grandeur. Et c’est déjà pas mal.

En 2013, on a bricolé un ordinateur réproduisant la puissance de calcul du cerveau. Avec 82944 processeurs, il a refait les 38 000 trillions d’opérations que nous faisons parait-il en une seconde. Oui madame.
L’ordinateur a mis 40 minutes. Mais depuis, la puissance de calcul dépasse le cerveau en haut de la côte.
J’ai déjà du mal avec un simple calcul de pourcentage alors je me demande comment on peut affirmer que je fais 38 000 trillons d’opérations par seconde.
Le seul fait d’y penser augmente vertigineusement ce chiffre, non ?

Je me demande quel est le coût de chaque seconde de cerveau disponible. Autre chiffre à réfléchir, l’évaluation par les assurances du coût d’une vie humaine est de 3 million s d’euros.
Je continue de consommer des chiffres malgré que les chiffres, aussi précis soient-ils, on leur fait dire ce qu’on veut, à environ 96,3527 %.
News, mails, pubs, potins, crises, modes, politique, économie, tweets, réseaux, videos, climat, pollution, on a dépassé depuis longtemps le moment où la masse
colossale d’informations produites par le numérique nous gave sans espoir de digestion.
En un an, cela représente 50 millions de fois l’ensemble des informations contenues dans tous les livres écrits depuis l’aube des temps.
Enorme surcharge de nouveautés qui pourrait avoir des effets dévastateurs.
Mon cerveau n’a toujours pas la fibre. On est dépassés et notre capacité de réflexion ne cesse de régresser.

L’habitude peut compenser la mémoire, elle économise de la pensée et de la réflexion. Fais comme, c’est prouvé et éprouvé par les anciens, fais comme ça, l’expérience montre que faire autrement conduit à des ennuis.
Tu te souviens ? On te flanquait une baffe si tu gaspillais du pain pour te rappeler que dans ce monde, le pain est pénible à gagner. Maintenant qu’on en fout des tonnes à la poubelle, le modèle a changé, jusqu’au prochain virage. Reste la pensée réactionnaire…
On nous prend souvent pour des boeufs, en voilà une preuve, livrée gratos.

BIDON

Une étude récente proclamait qu’un certain médicament réduit le risque d’infarctus de 36,7 %. C’est énorme ! Sur 100 personnes, disait le labo, on aurait 36,7 fois moins d’infarctus en avalant ça. En fouillant un peu, on découvre comment ce chiffre a été établi.
Pendant toute la durée de l’étude, on a donné des cachets à 10.000 personnes, parmi lesquels 5.000 recevaient un placebo. A la fin de l’étude, 97 % des ingurgitateurs de placebo n’ont pas eu d’infarctus, chiffre qui passe à 98,1 % avec le médoc. Il y a donc 1,1 % de différence, on est bien d’accord ?
Les malheureuses victimes s’elevaient à 3 % d’infarctus avec placebo contre 1,9 % avec le médoc. Tu suis toujours ?
C’est là qu’il faut être attentif, la réduction de 3 à 1,9 est de 36,7 %. Voilà madame, comment on peut prétendre que le médoc réduit de 36,7 % le risque
d’infarctus !
Cette fois, tu vois ce que je veux dire avec cette histoire de temps de cerveau disponible ?

Il y avait aussi ce diacre ignare d’un village perdu au fond de l’Ukraine, de l’Oural ou du Caucase, je ne me souviens pas exactement. Il a tenu pendant quarante ans les annales de sa paroisse dans les années 1860.

Or ce village comptait dès les années 30 un nombre considérable de cent-vingtenaires (gens dépassant 120 balais).
Interrogés, les vénérables vieillards s’étonnaient de l’étonnement général. Naturellement que leurs pères et arrières grand-pères avaient vécu aussi longtemps qu’eux. Et, oui, bien sûr qu’ils mangeaient du yogourt et buvaient de la vodka. Comme une trainée de poudre, la nouvelle a parcouru le monde, comme un mythe.
Il est un village montagnard à l’écart de la civilisation où la vie simple et frugale vous fait des centenaires à la pelle. On s’y marrie à soixante dix ans, on a des enfants à quatre vingt dix, etc.
Voilà comment, par la faute d’un clerc allergique aux chiffres qui officiait des décennies plus tôt, on attribua le double de leur âge à de malheureux quinquagénaires.
La morale pourrait être que  n tiens vallent mieux que 2n tu l’auras.

A propos de vieux, je recommande vivement la (re)vision de ce film visionnaire de Grangier.

https://archive.org/details/LesVieuxDeLaVieille-1960-GillesGrangier

C’est long et ardu, cette niouze. Enfin, Si vous aimez lire cette lettre, signalez la à vos amis, sinon, envoyez la à vos ennemis  !

A bientôt, portez vous bien.

Niouzelétère n°2

Hello !
Spécialiste du racontage d’histoires ou story telling comme on dit vulgairement, j’ai l’air inutile à première vue. Je vais vous prouver le contraire.
Il parait qu’environ 60.000 pensées nous traversent chaque jour. Comment on a calculé ça, j’aimerais le savoir, mais ça veut dire qu’on ne s’arrête jamais, même en dormant.

Est- ce bien utile ?

Les pratiquants de la méditation savent qu’il est difficile d’arréter ce flot.
Un tel flux paraît bien inutile; souvenirs, projets, parasites mentaux de toutes sortes, et les pensées et idées s’enchaînent de deux façons qui sont les deux principales figure de style: la métaphore et la métonymie. La ressemblance et le contact.
Les récits se déroulent aussi suivant cette règle.
On utilise beaucoup le racontage d’histoire en politique et dans la pub. Je vais vous rappeler un autre utilité du racontage.

Pour ça, il faut se souvenir de Simonide de Céos, le père de toutes les méthodes de mémorisation, que Cicéron décrit ainsi:
« choisir en pensée des lieux distincts, se former des images des choses qu’on veut retenir, puis ranger ces images dans les divers lieux. Alors l’ordre des lieux conserve l’ordre des choses ; les images rappellent les choses elles-mêmes.»

Palais mental

C’est la méthode des lieux, dite aussi du Palazzo mentale, le palais mental. Mettons qu’on ait dix choses à retenir, la liste des courses. On se fixe un trajet dans une maison de 10 pièces, toujours le même. Dans chaque pièce on place un des éléments de la liste, d’une façon assez frappante ou étrange.
Par exemple les choux-fleurs encombrent le vestibule, le sel fait un gros tas dans la cuisine, le beurre fond dans la baignoire de la salle de bain, etc.
Se souvenir du trajet est facile et le récit retient le reste sans effort. Essayez, vous verrez, ça peut vous servir dans toutes les circonstances de  la vie.
Vous pouvez choisir un trajet dans une rue connue avec des repères habituels et retenir ainsi des listes impressionnantes et les retenir longtemps.
Cela ressemble fort à un paradoxe: il faut mémoriser des choses pour en retenir d’autres !

In Memoriam

En fait, nous avons  une mémoire à court terme, celle qu’on met en oeuvre pour retenir un numéro de téléphone, elle ne dure que 18 secondes. Mémoriser consiste à faire passer ça dans l’autre mémoire, celle à long terme. Il existe une autre mémoire… C’est  heu… Flûte !
Beaucoup pensent qu’on aura de moins en moins besoin de mémoire à cause d’Internet. Google, Wikipedia, objets connectés, géolocalisation qui nous dispensent de plus en plus d’avoir à retenir quoi que ce soit, même pas où est notre smartphone.
Détail qui m’amuse, il existe un championnat du monde de mémoire depuis 1991. On voit des gars mémoriser plus de 1000 chiffres en moins de 5 mn…
Vous me direz, il existe aussi un Prix Nobel de Littérature depuis 1901, mais je vous répondrais que ça n’a aucun rapport.
En tous cas j’espère vous avoir éclairé.
Bon alors, merci qui ?
Et voilà, vous avez déjà oublié Simonide de Céos !
Encore un  paradoxe, on retient mieux le nom de Alzheimer…

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FC