Causons avec émotion et sentiment

En 1974, deux psy publient une expérience restée fameuse sur l’effet de l’état physique sur l’attraction sexuelle. “Some Evidence for Heightened Sexual Attraction Under Conditions of High Anxiety”.
L’expérience met en scène un lieu stressant où une personne en détresse rencontre quelqu’un du sexe opposé.

Dans le cas en question, une femme séduisante qui attend des volontaires à l’issue d’un haut pont suspendu et étroit de plus de soixante mêtres de haut. Ils doivent alors participer à une étude en écrivant un bref récit basé sur une photo. Ensuite, la femme donne son numéro de téléphone au cas où le volontaire voudrait « en reparler ». On refait l’expérience avec d’autres cobayes sur un pont quelconque.

Résultat: la moitié des participants du pont suspendu appellent la femme, contre seulement un sur huit franchissant le pont normal. De plus, les premiers donnent des récits plus « sexualisés ».

L’étude conclue à une «mauvaise attribution de l’excitation», un phénomène dans lequel les gens interprètent mal la cause de leur état physique extrême. Ils attribuent l’augmentation de leur fréquence cardiaque et leurs mains moites à la femme séduisante plutôt qu’au pont.

Ainsi donc, une petite quantité de stress peut aider à stimuler les sentiments amoureux. Autrement dit, lorsqu’on ressent un attrait intense pour quelqu’un, on ne devrait pas toujours en déduire trop de choses…(la jeunesse semble avoir une connaissance intuitive de ce fait, lorsqu’on invite une future conquête à voir un film d’horreur…).

La morale de l’histoire, c’est que nous ne savons pas toujours ce que nous ressentons, ni comment l’interpréter, ce qui nous empêche de faire des choix éclairés.
On croit prendre des décisions rationnelles en oubliant que des facteurs physiques peuvent brouiller les pensées. On sait par exemple, que quand on fait les courses l’estomac vide, la sensation de faim vous pousse à acheter trop de nourriture, souvent de mauvaise qualité.

CHIMIE

En 1980, le neurologue Avram Goldstein administre à des étudiants de la naloxone et leur fait ensuite écouter leur musique préférée.

iLa naloxone empêche la libération de dopamine dans le système de récompense du cerveau, et freine la sensation de plaisir. Elle supprime cette euphorie proche de celle des opiacés et on l’utilise notamment dans les désintoxication pour rompre l’association entre le produit et l’état psychique.

Après une dose de naloxone les cobayes écoutant leur musique préférée ressentent moins de sensations corporelles positives. Les voies chimiques qui entraînent la sensation d’émotions intenses sont interrompues, dont la dopamine, qui est le produit «de récompense».

Les émotions accompagnant nos prédictions provoquent l’attente qui est récompensée lors d’un but au foot, un cadeau surprise, une bonne blague. La dopamine réagit aux prédictions qui se révèlent vraies, la récompense étant d’autant plus forte que la prédiction est peu probable (c’est pourquoi le jeu peut créer une dépendance).

Alors, les émotions et sentiments seraient de la pure chimie ?

(Entre parenthèses, les pesticides organophosphorés utilisés actuellement sont nés des recherches sur les gaz de combat et le suicide par absorption de pesticides fait plus de 300.000 morts par an en Inde et en Asie).

Mes frères, le combat est intérieur.

Le neurologue Sébastien Bohler vient de publier un bouquin intitulé :
« Le bug humain. Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher » (Robert Laffont, 2019). Il confirme en substance que le cerveau est un instrument ambivalent. A l’origine de nos nombreux progrès, il est cependant limité par cette chimie du plaisir immédiat.
C’était utile à nos ancêtres pour survivre en encourageant à consommer, à se reproduire à s’assurer un statut social à court terme.
C’est devenu la cause de notre difficulté actuelle à penser le long terme.  Suralimentation, surconsommation matérielle, addiction aux films pornographiques, aux jeux-vidéos et aux réseaux sociaux, le besoin de survivre disparaît, mais cet instinct goinfre survit. On préfère des désirs immédiats, l’ici et le maintenant, plutôt les choix rationnels.


« Tant que notre liberté est uniquement celle de consommer, de rouler au charbon et de polluer autant qu’on veut, c’est un esclavage »
« On vit dans la traînée terminale d’un monde qui n’a plus de sens… On n’aurait jamais réussi à détruire le monde sans cette intelligence incroyable. »


Seules parades selon cet auteur: l’éducation, l’altruisme ou la reconnaissance qui peuvent aussi activer la dopamine, sinon; il sera bientôt trop tard si on n’investit pas énormément dans un changement de comportement fondamental dans l’humanité.


« Après moi le déluge » ? ricane Louis XV (ou Mme de Pompadour). Les belges préfèrent dire : après moi les mouches … Et à propos, on m’a signalé que le lien « procrastination » n’était pas bon; en voilà un autre:

https://www.youtube.com/watch?v=UCZgKvCFlvg


Portez vous bien !

                 Évènement :

De sept 2019 à juin 2020

chaque mardi 19h-21 h Salle La Bisseraine

Chaque mois, une œuvre différente de Francis Colonel

10 pièces, conférences burlesques, monologues théâtralisés de F. Colonel, 40 représentations

entre rétrospective, performance et semi-marathon théâtral

sept: L’année des haricots Blancs, théâtre avec JL Ahache

oct: Y a t-il de l’esprit dans le Vin ? Conf

nov: J’Enlève l’Echelle, conf avec M. Besson

déc: C’est toi qui l’a dit, clowns tout public

janv: La Montagne pour les Nuls :

fev: On a un grave problème: café-théatre avec JL Ahache

mars: Pour Dullin: La comédie décryptée

avril: Sans Illusions: monologue magique

mai: Campagnes: une vison de la politique

juin: récap: théatre.

Tout ce que vous avez raté ou que vous voulez revoir. Le regard acéré de l’auteur sur la peinture, l’œnologie, la politique ou la montagne. En conférencier, en clown, en solo ou en duo.

Redécouvrez une œuvre dérangeante ou ironique, savante et acerbe. En réservant un mardi chaque mois !

Entrée libre au chapeau avec buvette, ouvrages de l’auteur disponibles sur place.

(Histoire Fantasmatiques, nouvelles

Du Vent dans les Godasses, poésie

Tu cacheras ta Joie, roman

Cause toujours,Belzébuth, roman

Gaeta contre les Savoie, théâtre, etc)

Ah la vache !

Vous pouvez me croire sur parole. Bien sûr, vous pouvez faire des recherches, mais vous trouverez les mêmes résultats, je vous fais donc gagner du temps.
L’empreinte de l’homme fait disparaître beaucoup de choses. Pour l’essentiel et pour résumer, la nature est détruite cent fois plus vite maintenant qu’il y a dix ans. Un rapport de l’ONU signale que la biomasse de mammifères sauvages a chuté de 82%, les écosystèmes naturels ont perdu la moitié de leur surface et un million d’espèces sont menacées de disparition.

Donc, autant le savoir, on est dans la merde. Littéralement.
On m’a fait remarquer récemment qu’il y a plus de vaches que d’habitants dans certains département français comme la Manche : 749 000 bovins pour 498 000 habitants.
Sachez qu’une vache laitière peut produire 35 kilos de fumier chaque jour.
D’ici 2030, cette production fécale mondiale produira 100 millions de tonnes de phosphore, 30 millions de tonnes de potassium et 18 millions de tonnes de calcium. Dans un monde idéal, ces minéraux seraient recyclés, le méthane serait converti en électricité. Les générateurs de biogaz donnent un carburant polyvalent et une source d’énergie et de chauffage.
L’exploitation du caca par les digesteurs anaérobies demande de grands entrepôts pour contenir le fumier. Une installation coûte très cher, il est bien plus rentable de payer une amende pour rejet illégal dans la nature (en admettant qu’on soit pris main dans le sac).
Le problème mondial de la gestion des déchets animaux et de ses conséquences est ignoré et négligé. Les grandes exploitations sont supposées disposer de plans de gestion des fumiers mais il existe peu de réglementation en la manière, ni gestion globale et tout ça finit dans l’environnement.
Avec un taux élevé de phosphore et nitrates, le fumier propage dans l’eau des agents pathogènes et fait proliférer des algues et des neurotoxines qui peuvent tuer les animaux. Répandu dans les eaux douces ou la mer, il finit dans la chaîne alimentaire et sera fatalement ingéré par nous autres humains.
La pollution de l’eau est un des problèmes sérieux de l’élimination des déchets animaux. En Chine, la production de protéines animales a quintuplé avec la croissance économique. On y rejette toujours les résidus directement dans les rivières. Conscientes du problème, les autorités réagissent avec leur délicatesse habituelle…

BONNE BLAGUE

Cela semblait une bonne blague quand on liait les rots et flatulences des vaches au réchauffement climatique. A y regarder de plus près, l’estomac des bovins et des moutons contient des bactéries aidant à digérer l’herbe. Ces bactéries produisent du méthane, un gaz à effet de serre surpuissant.
Cela peut paraître incroyable, mais le bétail représente 15 % des gaz à effet de serre, soit la même quantité que toutes les voitures, camions, avions et navires du monde entier !!
La viande et les produits laitiers ont un impact énorme et on sous-estime l’impact de l’élevage sur la déforestation générale.
Ben crotte alors.

Prenons pour exemple la Nouvelle Zélande, pays réputé très écolo, opposé à l’énergie nucléaire et aux OGM.
L’environnement est considéré comme prioritaire par ses citoyens qui tiennent à l’image de paysages intacts et idylliques.
Seulement c’était avant. Parce qu’il a un os, un gros. Les 5 millions d’habitants cohabitent avec 10 millions de vaches et 30 millions de moutons.
Presque 30 % du lait mondial vient de chez les kiwis, le tiers de leurs exportations. Ils ont aussi décidé de rafler le marché chinois du lait.
A quel prix ? Pour parvenir à cette performance, on utilise massivement l’engrais azoté, les pesticide et les herbicides.
Chez eux, 50 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’agriculture et l’élevage intensifs. Les exploitations comptent facilement 500 à 2000 bovins, 50.000 emplois en dépendent et le surendettement des éleveurs dépasse 40 milliards de dollars.
Il leur faut 2000 litres d’eau pour produire un litre de lait… La qualité de cette eau est devenue critique, avec 70 % des rivières impropres à la baignade, victimes de prolifération d’algues. 85 % des poissons, oiseaux, reptiles, chauves-souris et grenouilles y sont menacés ou en voie d’extinction, pour ne rien dire de la population marine.

IDYLLIQUE

C’est à ce moment que le voisin australien choisit de voter pour les climato-sceptiques, malgré six années de sécheresse extrême, des incendies gigantesques, des inondations catastrophiques et la destruction de leur chère barrière de corail. Rien n’a dissuadé l’australien moyen d’élire des irresponsables.
Premier producteur de charbon et dépendant de la Chine pour le tiers de l’import-export, le populisme australien triomphe, refusant toute baisse de l’empreinte carbone…
Partout les démocraties élisent des Trump, Netanhyu, brexiters et populistes qui se fichent de leur empreinte carbone en pleine débâcle climatologique.

En attendant, portez vous bien !

A ce propos, l’empreinte carbone du bœuf, de l’agneau et du fromage sont tels qu’on devrait se contenter du porc, du poulet, des œufs ou des mollusques, à l’empreinte plus légère.
Et pourquoi ne pas passer carrément à une alimentation à base de plantes, plus respectueuse de l’environnement ? Et surtout comment se passer de l’omniprésent plastique…
Faudrait y songer. Vite.
C’est la suite logique de mon mot sur la procrastination. Tiens, on m’a recommandé ça:


https://www.youtube.com/watch?v=UDSWbjuAI4Q

Allez, portez vous bien.

IL ETAIT TEMPS, PETIT NAVIRE


J’ai laissé passer le 25 mars, Journée mondiale de la procrastination pour me décider à causer enfin de précrastination. Il est grand temps.
Oui, ça existe aussi, la précrastination. C’est la tendance à exécuter en priorité des objectifs secondaires, même si c’est plus pénible.
Expérience: des volontaires doivent récupérer deux seaux de balles de tennis. L’un est devant eux à 5 m, l’autre à 10 m. Résultat: 80% des sujets ramassent le premier seau, l’emportent jusqu’au deuxième, puis ramènent les 2 au point de départ. Si on leur demande en plus de mémoriser une liste de chiffres jusqu’au retour, le taux de précrastinateurs passe à 90 %.

Cela signifie que confrontés à une liste de tâches ou à un objectif complexe, on aura tendance à commencer d’abord par les tâches ou sous-objectifs rapidement exécutables, ce qui peut être accompli au plus tôt. Les neurosciences enseignent que le centre de récompense appelé le « noyau accumbens », s’active plus fortement lorsque vous effectuez une tâche moins pénible qu’une demandant plus d’effort.
L’évolution est en cause. Au cours des siècles, on a appris que si on ne cueille pas un fruit à portée de main tout de suite, il ne sera peut-être plus là plus tard.
On pourrait manquer de temps pour terminer une tâche ou même l’oublier. Il est question d’économie de réflexion, d’anxiété et de récompense.

Procrastination


Après des recherches à diverses sources, on comprend que la procrastination n’est pas une simple mauvaise gestion du temps ou de la flemme pure.
L’activité et la productivité ont moins à voir dans cette affaire que les émotions. Il s’agit d’une tentative de réguler l’humeur et les émotions.
En effet, la procrastination est une manière de gérer les émotions et les humeurs négatives que produisent certaines tâches (ennui, anxiété, insécurité, frustration, ressentiment, doute de ses propres capacités).

Nous donnons priorité à l’amélioration de notre humeur à court terme. Il est plus urgent de gérer les humeurs négatives que d’avancer dans les taches à faire.
Ce « biais d’actualité » est une tendance humaine à prioriser le besoin à court terme sur celui à long terme.
On n’a pas été conçus pour penser l’avenir. Au cours de l’évolution et des dangers de l’environnement, l’homme s’est toujours concentré sur les besoins immédiats.
Ici et maintenant. Notre cerveau perçoit notre «futur moi» comme un étranger plutôt que comme une partie de nous-même. La conséquence: quand on tergiverse, le cerveau décide que les tâches remises à plus tard, avec leurs désagréments, c’est le problème de quelqu’un d’autre.
Face à une tâche incertaine ou anxiogène, l’amygdale, le «détecteur de menace» du cerveau, voit cette besogne comme une menace pour notre bien-être. Même si on est convaincu rationnellement que remettre à plus tard créera plus de stress, le cerveau veut immédiatement éliminer la menace en procédant à un « détournement d’amygdale ».


La procrastination peut aussi résulter de sentiments plus profonds liés à la tâche elle même : douter de réussir, avoir une faible estime de soi, de l’anxiété ou de l’insécurité.

                CYCLE DE RECOMPENSE

Penser à sa propre procrastination aggrave le malaise et le stress, ce qui contribue à la prolonger en un cycle infernal.
On temporise pour éviter les sentiments négatifs, mais on se sent encore plus mal. Ce stress diminue la capacité à prendre des décisions réfléchies pour l’avenir.
Pavlov a montré que lorsqu’on est récompensé pour quelque chose, on a tendance à le refaire. Ainsi, la procrastination n’est pas ponctuelle, mais un cycle qui peut facilement s’enraciner. Cette dépendance à la longue, produit des effets nocifs sur la santé mentale et physique.
Le cerveau cherche spontanément des récompenses. Si on remet et tergiverse, c’est qu’on ne trouve pas de meilleure récompense. Le cerveau continue de dicter ce
comportement tant qu’on ne lui donne pas quelque chose de plus désirable. Pour changer d’habitude, il faut faire une meilleure offre au cerveau.
La difficulté c’est qu’il y énormément d’actions de substitution qui restent des formes de procrastination. Perfectionnisme, rationalisation, irréalisme,
C’est pourquoi la solution doit être intérieure et ne dépendre que de nous-mêmes.

         JE ME PARDONNE

Quelle solution ? Suivant les dérivés yogiques, il faut faire appel à la compassion envers soi, se traiter avec gentillesse et compréhension face à ses erreurs et à ses échecs. Se pardonner permet d’évoluer et de dépasser le comportement inadapté, de se concentrer sur la tache à venir sans le poids du passé.
L’auto-compassion n’exige rien d’extérieur, seulement de prendre les épreuves avec plus d’acceptation et de gentillesse que de rumination et de regret.
Comment procéder ? On peut se souvenir d’une occasion où on a fait quelque chose de similaire et qui s’est avérée positive. Visualiser, penser au résultat bénéfique de l’achèvement de la tâche. Que pourrait dire votre entourage ou vos partenaires quand vous leur montrerez votre travail terminé ? Comment vous sentirez-vous ?
Mettez votre attention sur les sensations qui apparaissent dans votre corps et votre esprit. Quels sont vos sentiments ? Où cela se passe t-il dans votre corps ?
Qu’est-ce que ça vous rappelle ? Qu’advient-il à la pensée de procrastination quand vous l’observez ? Est-ce qu’elle s’intensifie-t-il ou se dissipe t-elle ?
Cela cause t-il d’autres émotions ? Comment les sensations physiques changent-elles quand on pose la conscience sur elles ?
Autant de questions à se poser. Et n’attendez pas d’être d’humeur à accomplir certaine tâche car la motivation suit l’action.

              MAINTENANT !

Un vieux conseil: diviser une tâche en petits morceaux. Se concentrer seulement sur la prochaine étape calme les nerfs et donne une couche de motivation.
Au début d’une tâche, envisagez la prochaine action comme une possibilité : « Quelle serait la prochaine action à faire, même si je ne le fais pas ? »
Prenez votre stylo, ouvrez votre ordinateur, mettez simplement la date en haut de votre document. Commencez et vous constaterez que votre motivation suit.
Changer les circonstances trop propices aux ajournements. Mettez des obstacles à vos tendances à introduire de l’anxiété ou de la frustration.
Éviter de consulter compulsivement les médias, les réseaux sociaux, supprimez des applications de votre téléphone, composez un mot de passe très compliqué à 15
chiffres et lettres. Ajoutez des obstacles au cycle de procrastination pour rendre sa récompense moins immédiate.
Au contraire, ce que vous voulez faire doit être rendu aussi facile que possible. Vous voulez faire du sport avant le boulot mais vous n’êtes pas matinal ? Dormez en survêtement ! Éliminez chaque obstacle qui pourrait être prétexte à renoncer.
La procrastination est ancrée dans notre existence, elle pose des questions sur la façon dont nous voudrions utiliser notre temps par opposition à ce que nous faisons réellement. C’est un rappel que nous sommes vulnérables aux sentiments douloureux. Nous voudrions être heureux des choix que nous faisons.
Allez, hop ! Utilisez ce que vous savez maintenant sur la procrastination.
N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Maintenant… Tout de suite, immédiatement.

« SHIT JOBS” et « GIG ECONOMY »

On a intérêt à parler anglais si on veut anticiper un peu. En complément des « shit jobs », dont nous avons causé récemment, voici maintenant la « gig economy ».
La gig économie, dont le modèle vient des bals et soirées dansantes où on rémunère les musicien à la séance, c’est la paye à la tâche. L’économie des petits boulots s’installe en force grâce au numérique qui tue peu à peu le salariat. Les plateformes collaboratives genre Uber, imposent la micro-entreprise individuelle. Cinq millions d’emplois en Angleterre et même déjà 35 % des actifs aux USA ! On connaît les chauffeurs de VTC, les livreurs de bouffe, les services à domicile, mais ce ne sont que les précurseurs. Le travailleur indépendant, le freelance étaient jadis auréolés de gloire, mais désormais le plus souvent, mini tâche égale mini paye. Les conséquences sont énormes. D’abord pour la protection sociale, diminuée pour le tâcheron, mais aussi pour l’ensemble de la population, car comment financer le chômage ou la retraite dans le chacun pour soi ? Assurances privées et capitalisation offrent des perspectives peu réjouissantes. Flexisécurité, c’est la seule alternative dont on entende parler et qui ne déclenche pas trop d’enthousiasme. Ah oui, il me font marrer ceux qui ont fait le Congo et les colonies. Comme explorateur, j’ai traversé de nombreuses régions du numérique, sillonant par exemple IFTTT, wordpress, blubrry, zapier, sociocaster, reddit, netvibes, narro, scoopit, Tello, Evernote, pinterest, Mailchimp, Scrivener, etc… Et c’est juste ceux qui me viennent à l’esprit dans l’instant. Donc, pour se faire une idée de la gig économie, je recommande le site 5euros.com (https://5euros.com/) qui est la Rolls des plateformes de boulot dansé. Pour 5 euros, tu peux avoir ton thème astral, ton portrait en caricature, 10.000 fans sur Facebook, 500 citations motivantes, ton nom sur du café, la promesse de résoudre tes problèmes actuels, faire chanter Joyeux Noël à la personne de ton choix par téléphone. C’est-i pas super ?                            Boulots de merde et économie de bal.
Mais il y a bien mieux: le modèle original. Le Turc Mécanique (https://www.mturk.com). L’idée fabuleuse d’Amazon ne fait que reprendre le « Turc Mécanique », un automate joueur d’échecs du XVIIIème siècle animé par un manipulateur caché à l’intérieur. Ce site propose des tâches rémunérées à quelques cents seulement. Amazon a inventé l’esclavage moderne invisible, la fabrique de clics low-cost et l’usine à trolls. Le travailleur caché à l’intérieur dedans, le manipulateur invisible, le turc à 5 euros, On dirait bien qu’on vit l’ère de la confusion. Sauf qu’il y en a qui ne perdent jamais le Nord. Suivez mon regard. Et suivez ce lien pour constater que maintenant, il cause !
Je vous invite à réagir à ces propos optimistes. N’hésitez pas à les commenter ! et partagez avec vos amis. A bientôt !

Peut -on échapper au numérique ?

Réponse à notre question : pourquoi le Canard Enchaîné aura bientôt une version numérique ?
995 boulangeries ferment chaque année. Aucun rapport. Vraiment ?
Alors 1000 kiosques et points de diffusion presse disparaissent également chaque année; la voilà, la raison. Il est impossible d’échapper au numérique.
Vous l’avez peut-être remarqué, le nombre de distributeur de billets est en diminution. Désormais, la moitié des transactions utilisent la carte bancaire.
Le prélèvement arrive juste après avec 1/5 des échanges, et le virement est utilisé à 90 % dans les montants à partir de 1000 euros.
Le chèque, qu’on est bientôt un des derniers pays à utiliser, est en voie l’extinction pratiquement partout. En Suède, la plupart des établissements refusent d’être réglés en cash et on voit pointer des signes de la fin des billets et pièces. Dans 20 ans ce sera un souvenir…
On pourrait croire que c’est un plan pour en finir avec la fausse monnaie, le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale ?
Pas vraiment car les monnaies cryptées, genre bitcoin et autres, permettent toutes les fantaisies.


Alors quoi, c’est uniquement pour emmerder les vieux ?
Ben ouais, c’est ce que je disais, impossible d’échapper au numérique.

Retraite

Néron disait « tout a une fin ». Et il est mort, comme pour prouver le bien fondé de sa remarque.
Des tas d’autres choses sont sur le point d’atteindre le drapeau à damier et le point final. Je vous laisse le soin d’en établir la liste.

 

Un exemple:

combien de temps reste-il au système actuel des retraites ?
Petit indice: on sait depuis les années 50 et le baby boom ce qui va se passer. Cela fait 68 ans que les démographes l’apprennent dès la première semaine de leurs études.
Est-ce une coïncidence si 68 sera bientôt l’âge légal de la retraite ?
Autre devinette: quand est-ce que le Canard Enchaîné passera en version numérique ?
Drôle de question en apparence car le Canard, fondé en 1915 est très méfiant envers le Net dont il ne semble pas avoir besoin plus que de pub.
L’évènement ne tardera pourtant pas longtemps et si vous trouvez pourquoi, je vous offre « l’Arnaque pour Tous », mon dernier e-book. Non, c’est sérieux !
contactez-moi

De quoi je me mêle ?

une centaine de médecins ont signé une pétition pour exiger le déremboursement de l’homéopathie, au prétexte que c’est pas scientifique.

A aucun moment ils ne se sont demandé si la connerie est scientifique ou pas. Il y a pourtant de nombreux témoignages. Où ont-ils eu leur diplôme, ces diafoirus, dans un cadeau de fastfood ?

Car qu’est-ce que ça peut faire si c’est pas scientifique, si ça peut soigner ?
Ceux qui s’intéressent à la vie des bêtes savent qu’au États-Unis, quelque chose tue plus que les armes à feu : les opiacées et psychotropes qui causent plus de
50.000 morts par an. C’est même devenu une cause nationale.
Or une multitude d’études montrent qu’il n’y a pas de différence d’efficacité entre les antidépresseurs et un placebo. La multinationale du médoc GlaxoSmithKline a été condamnée à 3 milliards d’amende pour avoir oublié de mentionner ces études dans la description de ses produits.

(Rassurez-vous, c’est l’équivalent d’un PV à dix balles pour vous).

On peut quand même se demander pourquoi les ricains ne se shootent pas au placebo, si ça produit les même effets sans les effets secondaires.
Je suis sûr pratiquement sûr qu’on pourrait enivrer ses convives en leur faisant boire du vin sans alcool transvasé dans des bouteilles à étiquette de bordeaux à 13°.
Je vais peut-être déposer cette idée.
Ce sont les États-Unis qui nous ont habitué à ce droit de tout s’approprier. On peut déposer une molécule et en avoir le monopole, on peut breveter des espèces végétales ou animales, avec totale propriété.

Quand on pense que la fraise actuelle a été « inventée » en France, oui madame; mais à une époque où l’on ne songeait pas à s’approprier des espèces vivantes. Une foule de variétés de fruits et de légumes ont échappé jusque là à la propriété privée, mais il faut veiller au grain. Et aux graines. Et aux semences, car les multinationales n’ont qu’un rêve: se les approprier, comme les nombreuses espèces F1 dont on ne peut tirer de semences et qu’il racheter chaque année.
Il est possible que tôt ou tard quelqu’un dépose un brevet sur l’oxygène, qui se raréfie. Ce quelqu’un sera probablement aussi dépositaire du brevet sur les arbres.

La propriété, c’est le vol.
La question est la suivante: voler une idée fait-elle disparaître cette idée ? Non, au contraire, pourrait-on dire; c’est pourquoi le plagiat est universel en
littérature. Jusqu’à ce qu’on fasse appel à un droit de propriété intellectuelle. L’idée peut rapporter de l’argent et celui qui la réclame fait valoir un droit de
propriété. D’où les efforts pour breveter, enregistrer, déposer tout et n’importe quoi. Avant l’invention de la propriété intellectuelle (1791), on ne s’en souciait
guère. De nos jour on concède la propriété et le monopole jusque sur le vivant.
Bon, pour revenir aux toubibs de la pétition dont je causais au début, ce sont évidement les mêmes qui prescrivent les antidépresseurs. Molière n’est pas mort, ça c’est prouvé et scientifique !

Petite fiction (à peine)
Après avoir été déconsidéré par le corps médical, le succès de l’homéopathie est toujours en croissance exponentielle. Or, on apprend par dépêche AFP du 20 mars 2029
que depuis 20 ans, les fameux labo B. qui produisent ces remèdes, ne mettent plus dans les granules que du sucre et du lactose. Ces purs placebos n’ont pas fait varier d’un iota l’efficacité de leur prescription qui parviennent toujours à soigner d’innombrables troubles. Les caisses de sécurité sociale remboursent tout traitement homéopathique à plus de 500 %.
Le plus étonnant pour les chercheurs reste que les usagers sont parfaitement au courant que les granules sont des placebo et ils s’en moquent totalement puisque ça marche.
Le véritable médicament, c’est le patient.

 

Mémé tique

J’ai relayé il y a peu (https://www.facebook.com/adel.franck.9/posts/10214711814603017) une nouvelle digne à la fois des trolls d’Internet et de Pagnol, selon laquelle des touristes parisiens en vacances sur la côte d’Azur s’étaient plaints à la mairie du bruit des cigales.

 

Après enquète, j’ai trouvé dans « La Provence » du 30 juin 2016 une autre source. Celà se passe à Carry-le-Rouet et un couple de parisien s’est rendu à la gendarmerie pour déposer une plainte. Titre de l’article du journal: « Ils voulaient porter plainte contre… les cigales ».
L’article conclue que les gendarmes les en ont dissuadés.
Rebelote, cette fois c’est sur France Bleue que le maire du Beausset a rapporté quasiment la même histoire de parisiens.
Et ensuite, au cours de l’été, d’autres parisiens en vacances à Les Bondons, pas loin de Millau, ont tenté de porter plainte contre le tintonage des cloches de l’église à 5h du mat. Oui, je sais, elles tintent.
Tout celà est riche d’enseignement.
On apprend ainsi que Carry-le-Rouet se situe près de Martigues dans les Bouches-du Rhones et Les Bondons en Aveyron, (site d’extraction d’uranium et de menhirs).
on apprend aussi que si les cloches sonnent, tintinulent ou tintinabulent, et que la cigale ne stridule pas, ce qui serait plutôt le fait des grillons, elle cymbalise ou craquette.
On apprend ensuite que le parisien est une petite nature prétentieuse et un fieffé crétin aux yeux des autres français.

On finit enfin par se demander si toute cette histoire de plainte anticigalienne ne serait pas trop belle, s’il ne s’agit pas d’un « mème ».
Un mème est un élément viral d’Internet qui se transmet par imitation et comme par sélection naturelle des informations marquantes.
Le mème peut muter. Par exemple de la cloche à la vache et à la cigale ou à la pétanque (objet de nombreuses plaintes pour nuisances sonores) et passer de Bondons à Beausset.
On peut également se demander si Pagnol n’a pas des fils spirituels, des galéjadeurs (néologisme), des rigolos, qu’ils soient parisiens ou côte d’Azuréens (id).

Ce qui les rapprocheraient des trolls, «Le genre de gars qui postent des messages désagréables jusque dans un groupe consacré à la couture, histoire de rigoler».
En moins désagréable, tout de même (accent circonflexe).

C’est tout le contraire


Des lecteurs m’informent qu’on peut trouver mes notes sarcastiques, ce qui m’a amené à faire un examen de conscience.
Comme je me méfie des mots, je cherche leur définition. Le sarcasme serait une moquerie ironique qui tourne en dérision une personne ou une situation
d’une manière mordante, amère et blessante, piquante ou belliqueuse.
Voilà même une étrange précision piquée dans Wikipédia: « être sarcastique c’est dire le contraire de ce que l’on pense, sans montrer qu’on pense le
contraire de ce que l’on dit ». Pour comprendre, j’ai vainement cherché la rubrique « amphigouri emberlificoté ».
En cherchant ironie dans le Larousse, on trouve : »Manière de railler, de se moquer en ne donnant pas aux mots leur valeur réelle ou complète, ou en
faisant entendre le contraire de ce que l’on dit ».

C’est quoi cette histoire ? D’abord, je n’ai pas l’impression de dire le contraire de ce que je pense. Au contraire.
Mais surtout il y aurait un aspect mauvais, négatif dans le sarcasme. A l’opposé, l’humour serait dépourvu de ricanement, de persiflage, qui sont
«une passion française» qui trahit la tendance au culte de soi et à la haine de l’autre (toujours selon Wiki).

Une Passion française ?
Du coup, je prends un exemple dans l’actualité: quand Brigitte Bardot traite Monsieur Hulot de « trouillard, lâche de première classe qui ne sert à
rien », il répond qu’il en a « marre des démagos de tous poils ». Comment cette bataille homérique pourrait-elle ne pas entraîner ricanements et
persiflage ? Surtout si y repère des relents de culte de soi et de haine de l’autre.
Plus généralement, au rang des passions françaises, y’a pas qu’en foot qu’on est champions du monde. On est aussi champions de l’utilisation des
pesticides dont on sait tous que c’est pas bon pour la santé. Les lobbies, non plus c’est pas bon, mais on en bouffe plus que de médicaments.
Dans ce domaine, en moyenne, chaque Français se tape 4 médicaments chaque jour, autre record mondial. Si t’en prends pas, c’est qu’il y en a d’autres
qui en sont à au moins 8. Les 3/4 de ces potions soignent surtout le porte-feuille de trusts pharmaceutiques tout en s’avérant dangereuses pour la
santé du client. Faire ce constat serait-il du persiflage ?
Ivan Illich montrait que la plupart des institutions finissent par donner l’inverse de ce qu’on en attend. L’hôpital produira de la maladie, la police
de l’insécurité, l’école de l’ignorance, etc. Est-ce plutôt du sarcasme ?
Comment éviter l’amertume et le mordant ? Vaut-il mieux prendre parti pour BB ou M. Hulot ? Est-il préférable de s’abstenir pour mieux compter les
points en ricanant ? A chacun de voir et de faire comme il veut, ou comme il peut.
On finit par s’y perdre entre ironie, sarcasme, persiflage, mais il y a toujours le risque du négatif et de l’agressif. La morale dit que
faut pas se moquer, c’est pas bien.
Ok, j’ai bien saisi le message. Je vais désormais m’efforcer d’être moins sarcastique. Dès à présent, le lecteur, n’aura aucune difficulté à voir si
je dis le contraire de ce que je pense. Ou l’inverse.